Le seul échec, c’est celui de ne pas apprendre | Genba

Le seul échec, c’est celui de ne pas apprendre

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Catégorie : Agile 

J’ai récemment été particulièrement marqué par une vidéo d’une conférence qui a été donnée par Claire Blondel lors du dernier TEDxLyon, en novembre, sur « l’éducation positive ». Elle y soulignait le manque cruel d’esprit d’entreprise dans notre pays, et pointe du doigt notre modèle éducatif comme l’un des principaux responsables. Ce dernier nous communiquerait en effet une peur vicérale de l’échec… Et les conséquences de cela sont bien plus profondes qu’on ne l’imagine.

J’avais également été très interpellé par une vidéo intitulée « Why you need to fail », dans laquelle Derek Sivers nous expliquait l’importance de l’échec et l’attention qu’il fallait lui accorder. Je vais donc tenter ici de faire une synthèse de ces deux points de vue convergents.

La peur de l’échec

Avant toute chose, je vous invite à regarder la vidéo de Claire Blondel. Vous pouvez toutefois lire ce billet jusqu’à la fin, sans visionner les vidéos proposées.

En résumé, nous retiendrons qu’une de nos caractéristiques est cette peur très importante de l’échec. Et cette peur nous est transmise très tôt dans notre éducation par l’idée qu’il nous est interdit de nous tromper, et que se tromper sera sanctionné.

Les conséquences liées à cette « interdiction de se tromper » peuvent être les suivantes :

  • Elle génère de l’intolérance vis-à-vis d’idées ou de façons de faire ou d’être qui ne nous ont pas été enseignées, et qui par exemple, appartiennent à une culture différente.
  • Elle peut également générer une mauvaise estime de soi, car la mauvaise note est mal vécue. Plus tard, cela peut se traduire par une peur du jugement des autres, voire une tendance à soi-même juger les autres.
  • La conséquence la plus marquante à mon sens est le manque d’autonomie : un élève ne travaille pas pour lui, mais pour faire plaisir à ses parents, professeurs, etc. ou plus exactement pour ne pas les décevoir. Dans sa vie professionnelle, il le fera vis-à-vis de ses patrons, pouvant le pousser à masquer ses échecs.
  • Enfin, le manque de persévérance : à force que l’on s’attarde et sanctionne nos échecs, on peut avoir tendance renoncer, pensant que cela n’en vaut pas la peine. Du coup, on peut préférer ne plus prendre le risque de décevoir ou d’être soi même déçu.

Tout cela nous pousse finalement à avoir peur de l’échec, peur de prendre des risques, de tenter, d’expérimenter, voire à nous-même stigmatiser l’échec.

L’importance de l’échec

Dans cette seconde vidéo, Derek Sivers nous indique au contraire qu’il est important d’échouer.

Pour Derek, donc :

  • On n’apprend pas si on ne fait pas d’erreur. Si on ne travaille que ce qu’on sait faire on ne progresse pas.
  • Accepter l’échec permet de nous garder dans un état d’esprit d’apprentissage. La réussite n’est pas un don inné, mais vient de l’expérimentation.
  • Il ne faut plus parler d’échec ou de réussite mais simplement d’expérimentation. Si tout est expérimentation, alors l’échec n’existe plus ! Chaque action n’est qu’une expérience de plus dont il faut tirer les enseignements.

Des exemples à la pelle

L’humanité est remplie d’exemples de grandes réussites qui ont été réellement bâties sur des échecs.

La vidéo suivante est un discours de Steve Jobs lors d’une remise de diplômes à Standford, dans laquelle il raconte sans aucune retenue les grands échecs de sa vie et comment ces échecs l’ont amené à la réussite qu’on lui connait.

Autre exemple de réussite, cette fois dans le sport : Michael Jordan. Ce qu’on connait de Jordan, ce sont ses réussites : 6 fois champion NBA, champion NCAA, meilleur joueur, scoreur, défenseur à de multiples reprises, des exploits à saturer les baies de stockage de Youtube…

Ce qu’on sait moins, ce sont toutes ses expériences malheureuses, à commencer par le lycée : alors en 2e année, il n’est pas sélectionné dans l’équipe car jugé trop petit pour réussir. Il l’intègre finalement l’année suivante et terminera la dernière avec des statistiques hallucinantes : 30 points, 11 rebonds et 10 passes. Une statistique assez marquante : sur ses 15 années passées en NBA, les 4 saisons où il a tenté (et donc raté) le plus grand nombre de paniers à 3 pts sont les saisons où il a eu le meilleur pourcentage de réussite !

Dernier exemple, celui de Paul MacCready. Vous ne connaissez pas ? C’est plutôt normal !… Ce brillant ingénieur a été le premier à réussir à faire voler un avion propulsé par la seule énergie humaine, d’abord pour parcourir un mile, puis pour traverser la manche. Il a ainsi gagné un concours lancé 18 ans auparavant, et sur lequel tous ses prédécesseurs s’étaient plantés. La clef de sa réussite ? Avoir développé un avion qu’il était capable d’améliorer et faire voler plusieurs fois par jour, là où d’autres ont eu une approche plus traditionnelle avec l’élaboration d’un plan, la mise en application du plan, et l’échec lors de l’unique tentative, effectuée seulement au bout d’un an. Vous trouverez son histoire ici : http://www.azarask.in/blog/post/the-wrong-problem/.

Changeons de vision !

J’espère vous avoir convaincu qu’il faut changer de vision et d’attitude vis-à-vis de l’échec, aussi bien pour soi que pour les autres. Aussi bien dans notre vie personnelle que professionnelle : dans l’intéraction avec nos co-équipiers, dans notre façon de manager, dans l’approche de notre carrière etc.

Donc arrêtons de sitgmatiser systématiquement l’échec. Il faut le considérer comme une occasion unique d’apprendre. Pour cela il faut se mettre en condition pour apprendre, en acceptant que l’on a le droit de se tromper et qu’il faudra prendre du recul pour analyser ce qui doit être amélioré.

Rappelez-vous, ce n’est ni un échec, ni même une réussite, c’est uniquement une nouvelle expérimentation !

Voici pour conclure, et pour le plaisir, deux vidéos de Ken Robinson, lors de TED, à 4 ans d’intervalle. Dans ces conférences, Ken parle là encore d’éducation et de créativité :

Quatre ans plus tard, il parle de révolution de l’éducation :

Egalement, une vidéo de Faysal Hafidi qui nous explique les qualités que l’on doit avoir pour réussir dans la vie, mais qui nous font échouer à l’école :

Comments

3 Comments on Le seul échec, c’est celui de ne pas apprendre

  1. De retour de Mix-IT Lyon : Genba on jeu, 3rd mai 2012 9 h 52 min
  2. [...] Puis au bout de quelques unes, c’était à mon tour… quel stress ! J’ai déjà donné des sessions classiques d’une heure. Mais là le format 5 minutes, faut pas se planter sinon c’est mort ! On verra bien au montage le rendu final, mais je n’étais pas totalement satisfait. Soit, ce n’était qu’une expérience de plus dont j’essayerai de tirer les enseignements (sujet du discours). Si vous voulez la version développée en attendant la vidéo, suivez ce lien. [...]

    [...] ni organisé ni même participé à ce type de session, je me suis lancé. Un peu dans la lignée de mes derniers billets de blog sur l’importance de l’échec, j’expérimente, je prend un risque, je me mets en danger… Car si effectivement, il [...]

  3. You’re solving the wrong problem : Genba on lun, 24th juin 2013 9 h 43 min
  4. [...] est capable de faire bien du premier coup n’est qu’une forme de prétention… qui mène au véritable échec : celui de ne pas apprendre. L’expérimentation doit être la norme, et nous en sommes loin. Oui, pour construire une [...]

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